|
> La Numérisation des salles |
Les députés ont voté mercredi 16 juin, à la quasi unanimité, une proposition de
loi UMP visant à faciliter l'équipement numérique des salles de cinéma
en instaurant une contribution obligatoire des distributeurs de films
numériques, une décision saluée par Frédéric Mitterrand.
Le texte "ne cherche qu'à faciliter le transfert d'une partie de
l'économie réalisée (par les distributeurs) vers les exploitants afin de
permettre l'équipement de l'ensemble des salles de cinéma", a fait
valoir l'un des auteurs du texte, Michel Herbillon (UMP).
"Il ne s'agit pas d'une contribution pérenne puisqu'elle ne sera plus
versée une fois la couverture du coût de la transition numérique
assurée", a-t-il précisé. Le dispositif devra prendre fin au plus tard
en 2021.
"L'initiative arrive à point nommé", s'est félicité le ministre de la
Culture, Frédéric Mitterrand, car "il est en pleine harmonie avec mes
projets" d'aide au numérique.
"L'objectif", pour le ministre, est "d'accompagner le cinéma français
dans sa transition vers les nouvelles technologies de l'image".
"Pour autant, le coût de cet équipement ne sera pas à la portée de tous
les cinémas", a estimé le ministre, citant les "salles des petites
villes et des zones rurales".
Pour ces salles, "un soutien spécifique" du Centre national de la
cinématographie (CNC) va être mis en oeuvre sous forme d'une aide à la
numérisation, qui permettra de couvrir jusqu'à 90% de leurs
investissements, a souligné M. Mitterrand. "J'entends que ce dispositif
soit mis en place dès cet été", a-t-il précisé.
Le texte instaure le versement, par les distributeurs, d'une
contribution obligatoire au bénéfice des exploitants, pour le premier
placement d'un film de long métrage inédit en numérique, lors des deux
premières semaines après la sortie du film.
Cette contribution se fera par écran. L'équipement numérique a été
estimé, l'an dernier, à environ 80.000 euros par écran pour un parc de
plus 5.470 écrans dont un tiers, selon Marcel Rougemont (PS) est déjà
équipé.
Patrick Bloche (PS) a estimé que "la contribution permettra à un
deuxième tiers de s'équiper" mais le problème persistera pour "les
salles de continuation qui courent le risque d'être mises à l'écart".
La "contribution numérique" ne sera en effet pas versée aux salles dites
"de continuation" (en argentique) afin de ne pas entraver la
circulation des films.
Les députés ont également restreint la contribution numérique aux salles
existantes à la date de promulgation de la loi ainsi qu'à celles
homologuées avant le 31 décembre 2012. La fixation des modalités de
versement de la contribution sera décidée par négociation.
Les députés ont en outre prévu une clause de rendez-vous, un an après la promulgation de la loi.
La proposition de loi a été approuvée par le Nouveau Centre et le groupe
SRC qui s'est félicité d'avoir été "largement entendu". Seul le groupe
GDR s'est abstenu. François Asensi (app. PCF) a jugé cette "régulation
minimaliste appréciable" mais "pour autant, a-t-il dit, le dispositif
est bancal et inégalitaire".
AFP--
|